– Le 35ème anniversaire :

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A quelques mois des fêtes du Jubilé, il est bon de se remémorer les belles journées que nous avons vécues.
Journée de travail et journée de fête. Journée de propagande et journée d’apparat. C’est bien ainsi que nous pouvons nommer les journées du samedi et du dimanche.

La première a donné l’occasion aux élèves et aux anciens, qui exposaient, de se surpasser. Chaque visiteur de l’exposition était surpris de la qualité des travaux qui s’étalaient devant lui, de l’ordonnance de l’ensemble, de la discipline qui régnait dans la maison.

Les parents, cela va sans dire, ont éprouvé de vives satisfactions et le fait de pouvoir apprécier de leurs yeux tout cet ensemble de travail que forme l’Ecole les a rapprochés encore de celle-ci. Les amis de l’Ecole en sont repartis plus liés à elle qu’autrefois.

Quant aux visiteurs, n’ayant aucune attache avec notre Ecole, nous pouvons être certains qu’ils ont emporté, de leur visite, la meilleure impression. Ceux-là agrandiront le cercle des amitiés et des sympathies dont l’Ecole est entourée. C’est de la propagande.

A l’exemple des élèves, les anciens ont œuvré aussi ce jour-là. Ils ont œuvré pour la mémoire de leurs glorieux morts, en assistant à l’inauguration du Mémorial élevé dans la cour de l’Ecole. Ce monument, œuvre d’un ancien, notre camarade Edouard Masselot, sera pour les élèves et pour nous-mêmes un symbole de durée, car l’on sait que les peuples, qui savent honorer leurs morts, vivent. Par nos morts notre Amicale vivra.

L’assemblée générale statutaire, qui suivit cette inauguration, quoique écourtée pour la circonstance, fut encore une séance de travail. Heureusement une soirée amicale permit à chacun de se détendre dans l’attente du lendemain.

Que dire de cette journée du dimanche, de cette journée de fête, de cette .journée d’apparat, si ce n’est qu’elle fut superbe et réalisa pleinement nos espérances. Cette magnifique messe en l’église Saint-Joseph, avec la présence de Son Eminence le Cardinal, laissera longtemps aux assistants le souvenir d’une des plus belles cérémonies auxquelles ils eurent la joie d’assister. Et l’ambiance de cette messe. Les officiants, anciens Mécanos. Le prédicateur, ancien professeur. Dans les stalles, tous nos anciens professeurs qui, pour un jour, nous étaient revenus. L’orchestre, avec son chef, G. Olivier, se surpassa. L’Immense chorale elle- même nous étonna. Tout a concouru à faire de cette cérémonie, la plus belle que la paroisse Saint-Joseph n’ait jamais vue.

La réception de Son Eminence à l’Ecole fut encore l’occasion d’une belle manifestation d’ensemble. Les anciens et leurs familles, entourant le, élèves de l’Ecole, ont tenu à montrer à Son Eminence que, s’il aime, comme il le dit Iui-rnême, les Mécanos, il n’aime pas des ingrats et que tous lui sont entièrement dévoués. Au pied du podium, c’est dans un profond silence qu’ils ont écouté les conseils de sagesse qui leur furent prodigués. C’est avec joie qu’ils ont salué les attentions que Son Eminence a bien voulu avoir pour nos amis Castre et Boquillon, ainsi que pour MM. Bleuzet et Varlet, professeurs à l’Ecole, en leur décernant la Croix du Mérite Diocésain. Ces marques d’intérêt que son Eminence prodigue à l’Ecole et à l’Amicale, nous touchent profondément. Elles sont pour nous le meilleur encouragement à poursuivre nos efforts sur le chemin que nous nous sommes tracé.

Le banquet qui suivit ces belles manifestations a été digne de l’ensemble. Celle immense salle du Palais Rameau, la seule à Lille capable de nous accueillir, avait pris un aspect des plus agréables. Dès l’entrée, le coup d’œil était magnifique. Ces tables immenses sur lesquelles se dressaient 620 couverts étaient ornées des panonceaux de chacune des promotions, permettant un regroupement rapide. C’est tenant ce panonceau à la main que chacun des représentants de chacune des promotions est venu devant le micro affirmer pour l’avenir la fidélité de sa promotion à l’Amicale. Ce geste spontané de notre ami Allard imité par ses camarades a fait sur tous une profonde impression.

Même le temps fut de la fête, et nous pouvons remercier Dieu d’avoir favorisé ces journées du jubilé qui bénéficièrent d’un soleil éclatant, ce qui fut assez rare en cette année 1948.

Nos remerciements, vont également au Conseil d’Administration de l’Ecole qui nous a donné de nombreuses marques de sympathie. Aux organisateurs, à cette vaillante commission du jubilé qui n’a rien négligé pour faire de cet anniversaire une grandiose manifestation. Et aussi au Jubilaire, à notre cher Aumônier dont on fêtait, comme pour l’Ecole, le 35ème Anniversaire dans la maison. Il a peiné lui aussi et peut-être plus que les autres, pour obtenir ce grand succès. Mais quelle consolation de voir près de lui, le fêtant comme il convient, plusieurs centaines de ses anciens élèves. Quelle joie de sentir que ces jeunes gens, que ces hommes sont mûrs pour les tâches de l’avenir. C’était cela sa plus belle récompense.

Et terminons sur ce que disait le dimanche soir l’un de nos camarades: «Dommage qu’il n’y ait pas un jubilé tous les ans ».

Le Président: Louis EVERARD.
1948

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